Voyage au Sénégal
( 10.01.2012 )

Cette année, l’Institut médico éducatif Cazala a vu se concrétiser un projet autant généreux qu’ambitieux : 10 jeunes déficients intellectuels, de 13 à 17 ans, encadrés de 5 adultes ont préparé pendant deux ans une action humanitaire. Le but était d’aller au Sénégal pour effectuer une construction au sein d’une école maternelle, apporter du matériel scolaire, des médicaments et des affaires de football.
Tous les matins les jeunes se sont levés tôt pour aller travailler sur le chantier. Ils ont ainsi, avec l’aide des adultes et de Gora (un maçon sénégalais présent tout au long du chantier), monté trois murs et coulé 4 poteaux et une chape. Ce fut dur mais les jeunes, jusqu’au dernier jour, ont travaillé d’arrache pied et on ainsi pu voir aboutir leur projet.
Les après midi, les jeunes ont amené les fournitures scolaires que nous avions récupéré, dans des écoles de brousse, des médicaments dans le dispensaire de l’association et des affaires au club de football. Ils ont aussi découvert la beauté du Sénégal (le lac rose, l’île de Gorée, les plages de N’gaparo, la réserve africaine de Bandia…).
En collaboration avec l’éducateur sportif : Samba Diallo, de l’école de football de l’association « Main blanche main noire » nous avons monté un projet d’échange et ainsi participé à un tournoi de football. Le match fut intense et fini par une égalité parfaite : 4 à 4 entre l’équipe du Sénégal et l’équipe de France.
Ce voyage a été totalement financée par des dons publics (Conseil Régional, association ALGEEI gestionnaire de l’IME, Lions club de Marmande, mairies des alentours de Damazan…), des dons privés (fournisseurs, partenaires, parents, amis…), de chantiers réalisés par les jeunes (maçonnerie, bûcheronnage, horticulture…) et enfin d’actions commerciales (vente de gâteaux …). Nous tenons donc à remercier tous ceux qui ont cru en nous et qui ont contribué à la réalisation de ce projet exceptionnel.
Témoignages des jeunes :
Mickaël : « Moi je ne pleure jamais (à 21h37). C’est dur le retour. Maintenant (22h) je pleure. C’est dur de partir, il n’y a plus les copains et la famille. Elle est pas jolie la vie ? »
Thibault : « Ca nous a touché. C’est une deuxième famille le Sénégal »
Anthony : « c’était émouvant d’entendre le texte des adultes parce que ça racontait tout ce qu’on a vécu, les dons qu’on a fait, le partage. Pourquoi on ne reste pas plus ici ? j’étais bien ici, heureusement que j’ai changé mon comportement. Ici on vivait bien avec notre deuxième famille. Je me sentais bien de voir tous ces enfants qu’on a aidé. J’ai partagé beaucoup de moments avec eux. Je me sentais un peu chez moi, j’allais même ouvrir la porte. »
Jean Luc : « ça m’a fait du bien d’entendre que j’ai évolué, que j’ai profité. J’ai profité de ces moments en Afrique avec tous les amis. Je suis triste d’avoir quitté mon pote Grandzal, parce que on était tout le temps ensemble, on a vécu 10 jours ensemble, ça fait mal au cœur. Il m’a apporté plein de bonheur, plein d’amitié. Je pense que je suis un garçon bien parce que je m’entends bien avec tout le monde, avec la famille. Avant j’étais gamin, maintenant j’ai grandi dans ma tête. J’ai évolué. La famille me manque. Je veux rester comme ça cool.je voudrais bien que mes potes Grandzal, Mohamed et Fatou viennent en France pour leur faire découvrir la France pour passer de bons moments avec eux. »
Jordan : « moi j’ai aimé ce qui se passe au Sénégal. Il y a des gens que je ne connais pas et que je connais maintenant. Je suis fier d’avoir rencontré des jeunes sénégalais et sénégalaises. C’était triste de se séparer des jeunes comme Grandzal, Fatou. J’ai pleuré pendant le séjour, parce que ça fait peur d’être loin de notre pays. J’aimerai que ça continue, que je visite d’autres pays, que ceux qui n’ont pas pu venir avec nous, j’aimerai leur laisser la place. Je suis fier de ce que j’ai fait pour les autres parce que j’ai été courageux et ça va continuer dans mon cœur. »
Sarah : « c’était triste de voir partir les autres, surtout Yacine. Merci aux 5 adultes, à Aline, aux gens qui nous ont aidés, aux parents et au directeur »
Adrien : « c’est dur de dire au revoir aux sénégalais qui nous ont accompagné. Au début j’avais un peu peur et maintenant j’ai vraiment envie de les aider, de leur donner tout ce que j’ai. Je me suis senti heureux et à la fin j’ai pleuré ».
Damien : « je ne le montre pas trop mais dans le cœur c’est dur. Les gens sont gentils. Je me suis senti mieux qu’avant de partir, ça m’a fait du bien d’être gentil, aimable. Ca fait du bien quand on dit bonjour que les gens nous répondent. J’aime aider les gens. »
Yohan : « je sais que la fin n’est pas finie, et elle ne se finira jamais pour nous et eux. Je n’oublierai jamais ça parce que c’est un moment incroyable. Je me sens triste parce que c’est la dernière fois que je fais ce voyage. Je pense à ceux qui sont partis de Cazala, ça leur aurait fait du bien de voir tous les sénégalais. »
Claudy : « c’était très dur de les quitter. Moi ils sont dans ma famille maintenant. Je veux remercier les 5 adultes parce que sans vous je ne serai jamais partie là bas. Je ne les oublierai jamais. »
Témoignage des adultes :
Nous ne sommes pas venus en Afrique, pour se donner bonne conscience, se faire valoir, flatter notre égo dans des « voyages humanitaires » qui n’ont d’humanitaires que le nom. Nos nombreuses craintes et incertitudes d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui car elles ont évolué au gré de notre aventure. Nous cinq ne sommes pas là par hasard, nous sommes là pour les jeunes et avec les jeunes et surtout nous voulons les féliciter. Ce sont des petites histoires que nous racontons, des tranches de vie, de partage. Le don d’un crayon ou d’un bonbon à un enfant qui les a touchés dans la rue.
De voir Nanfatou s’endormir dans les bras de Sarah, de voir Damien, Yohan ne pas vouloir quitter le chantier après y avoir travaillé 5h, de voir Claudy porter et faire des chatouilles à Sayfatou, de voir Jean Luc bras dessus bras dessous avec Grandzal, de voir Adrien s’allonger et se faire porter par l’eau salé du lac rose, de voir Mickaël conter fleurette avec Fatou, de voir Jordan s’émouvoir et pleurer en écoutant le discours élogieux et plein de gratitude de Maged, président de l’association, de voir Thibaut et Anthony se disputer pour savoir lequel des deux aurait l’honneur d’offrir des fournitures scolaires aux enfants de N’gaparo nous conforte dans notre idée que cette expérience exceptionnelle les a nourrit chaque jour un peu plus. Voir leurs regards évoluer sur tout ce qu’ils ont vu, d’entendre Yacine la maîtresse de maison, les féliciter de leurs comportements exemplaires, de voir Aline, la présidente de l’association, ressentir un attachement pour ces jeunes qui l’ont surprise par leur travail et leur attitude au quotidien, de voir tous ces jeunes goûter et se régaler des plats typiques et pourtant si différents de ceux qu’ils connaissent, et enfin, de nous voir, nous 5, touchés par l’engagement humain dans la relation qu’ils ont crées et physique dans le travail produit, nous font nous dire que nous ne sommes qu’à un chapitre de cette histoire que nous avons écrit ensemble.
Le match de foot était juste irréel, on a eu du mal à réaliser la portée de ce que nous faisions, trop préoccupés à faire jouer l’équipe, à courir après ce ballon qui allait trop vite et à essayer de trouver notre souffle sous 30°. Les sourires, les chants, les danses, les cris… des sénégalais durant le match nous ont transportés, la France, à ce moment là, était loin.
Nous n’avons pas la prétention d’avoir métamorphosé ces jeunes mais juste avoir partagé une belle histoire et vécu des moments mémorables. Ces jeunes ont fait quelque chose d’exceptionnel, malgré leurs peurs, leurs angoisses, leurs difficultés ; ils ont su trouver des ressources au fond d’eux, souvent au plus profond de leur cœur. Ces jeunes ont été généreux, humains, volontaires ... Ils ont su faire preuve d’abnégation, de force et de courage pour aller au bout du projet et ainsi offrir à la population locale, qu’ils savaient dans le besoin, le fruit de leur travail. Pendant 10 jours, ils ont été des jeunes biens comme il n’y en a plus beaucoup. A chaque instant, ils nous ont épatés par leur adaptation, leur facilité à communiquer, leur insouciance, leur naturel. Ils ne se sont pas arrêtés à la couleur de la peau et on su allés à l’essentiel, ils ont su donner mais aussi recevoir, ils ont su parler un langage universel celui du cœur, ils nous ont donné une bonne leçon de vie. Nous avons trouvé une « nouvelle famille d’adoption ». Le sénégal pays de la teranga.
Alors soyez fiers de ces jeunes comme nous sommes fiers d’eux et dites leur, montrez leur.
Nous petits toubabs, venus de France avec des rêves plein la tête. De voir ces jeunes que nous connaissons depuis plusieurs années, jouer au foot, travailler, échanger et partager des moments avec d’autres jeunes africains, nous fait prendre conscience que ce rêve utopique que nous avions en tête depuis deux ans vient de se concrétiser.
Alors, nous voulons les féliciter pour leur engagement de chaque instant, à Yacine, Sony, Alex, Bryan, Arnaud et Omar qui ont beaucoup travaillé pour que leurs copains puissent vivre ces moments, à Thibault, Jean-Luc, Anthony, Yohan, Mickaël, Adrien, Sarah, Claudy, Damien et Jordan.
Respect.
Nous sommes persuadés que l’histoire n’est pas terminée : inch’allah !!!
Pour tous ces projets nous avons encore besoin d’aide, alors n’hésitez pas à rentrer en relation avec nous à l’IME au 05.53.79.47.52 ou par le blog où le carnet de bord de cette belle aventure est disponible : http://cazala-senegal.over-blog.com/
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